Nouveauté !




3 juin 2026: Un nouvel ouvrage est paru aux éditions Monographic:  
"Balades botaniques dans la commune d'Evolène"

Vous y découvrirez la flore et la végétation de la commune d'Evolène dans le Val d'Hérens en Valais, par le biais de 17 balades botaniques proposées. 
Ces balades partent des divers villages de la Commune (Evolène, Lannaz, Les Haudères, La Sage, Villaz, La Forclaz, La Gouille et Arolla) et vont découvrir divers hauts-lieux sur des sentiers balisés. Ente 2 heures et la journée entière, ils permettent à chacun de découvrir la flore en fonction de ses envies. La commune d'Evolène est l'une des plus riches de Suisse en biodiversité végétale avec plus de 1000 espèces de plantes, soit 1/3 de la flore Suisse! L'ouvrage cite quelques 800 plantes et lichens visibles à diverses saisons le long des parcours proposés. L'ouvrage est richement illustré avec 400 photos sur 320 pages.
Les divers types de végétation sont également décrits et des encartés permettent de se familiariser avec les grands genres tels que les gentianes, les trèfles, les campanules, etc. mais aussi les plantes médicinales, les plantes rares ou les lichens.
Dans toutes les bonnes librairies pour 35.- CHF seulement!

"Balades botaniques dans la commune d'Evolène" de Daniel Jeanmonod avec la collaboration de Philippe Clerc pour les lichens. Ed. Monographic. 320 pages


Récemment:

Deux  nouveaux articles sur les plantes valaisannes dans le Bulletin de la Murithienne.


En Suisse, la flore spécifique au Valais. D. Jeanmonod (2025). Bull. Murithienne 142: 18-33.


Les plantes dédiées au Valais ou l'origine géographique d'une épithète spécifique. D. Jeanmonod (2025). Bull. Murithienne 142: 34-53.




Chroniques erratiques:



La soldanelle des Alpes (Soldanella alpina L.). 30 mai 2025 Breonna (VS)

 

Alors que la neige a désormais fondu jusqu’au-delà de 2000 m d’altitude, on se réjouit de monter en altitude voir les premières fleurs apparaître après la neige. Ces balades sont immanquablement enrichies par la soldanelle des Alpes. J’emploie à dessein le terme d’enrichie puisque cette plante est le « sou des Alpes ». Comme la solde et le soldat (celui qui reçoit la solde) son nom dérive en effet du latin solidus, le sou, en référence aux feuilles en forme de pièces de monnaie. Bien que toute petite (5-15 cm) elle se remarque facilement par le bleu violacé de ses fleurs dans le gris des herbes sèches à peine dégagées de la neige. Elle se présente sous la forme d’une tige surmontées généralement de 2 ou 3 fleurs pendantes. Ces fleurs ont une corolle en entonnoir découpé en lanière et longue de 1 à 1,5 cm. Ses feuilles sont rondes comme une pièce de monnaie de 1 à 3 cm de diamètre. Elles peuvent résister à une température de -20°. Elles survivent d’ailleurs sous la neige et persistent généralement 2 ans. C’est dire si elles sont bien adaptées aux dures conditions alpines.



Les soldanelles forme un genre comprenant entre 15 et 17 espèces selon les auteurs, qui se ressemblent toutes et s’hybrident en partie. Elles se caractérisent par des fleurs pendantes aux pétales laciniés plus ou moins violacés ainsi que par des feuilles entières et coriaces. Ensemble, elles ont une aire naturelle restreinte à une partie de l’Europe, de l’Espagne à l’Ukraine, jusqu’à l’Allemagne et la Pologne au nord. Chaque espèce a toutefois une répartition généralement assez restreinte (par exemple
 Soldanella calabrella à la Calabre S. sacra à la Campana, S. hungarica à la Roumanie et l’Ukraine, S. villosa aux Pyrénées, etc.) Soldanella alpinafait exception avec une présence sur l’ensemble des Alpes. Malgré leurs ressemblances évidentes, les soldanelles se divisent en 2 groupes : la section tubiflora avec des pétales divisés jusqu’au tiers seulement et dont fait partie la Soldanella pusilla, la seule autre espèce présente en Suisse; la section soldanella à pétales divisés jusqu’à la moitié ou davantage, dont font partie la majorité des espèces dont Soldanella alpina. Toutefois cette distinction morphologique n’est pas soutenue sous l’aspect phylogénétique. Le genre serait né tardivement au quaternaire (entre 1,6 et 0,9 MA), probablement à partir des genres (ou de leur ancêtre) Omphalogramma et Bryocarpum, 2 genres montagnards himalayens. 

Soldanella pusilla
Leurs ancêtres auraient donc migré depuis l’Asie centrale durant l’un des premiers interglacaires. Par la suite les épisodes glaciaires ont isolé les populations et le pattern actuel d’espèces à aire de répartition et morphologies plus ou moins disjointes seraient le résultat de leurs réactions différentielles aux oscillations climatiques du quaternaires en termes de changements des aires distributions tant latitudinales qu’altitudinales. Elles ont donc subi des phases d’expansion et de contraction dans des refuges ce qui a abouti au résultat actuel. Toujours est-il que ces petites plantes se sont adaptées à des conditions hivernales très rudes. Les soldanelles alpines ont notamment la capacité de réémettre une partie du rayonnement solaire pour faire fondre la neige sur ses feuilles ou autour. Ses capacités lui permettent d’être très présente dans les combes à neige, ces petites dépressions où la neige reste longtemps. Elles apparaissent donc dès que la neige fond, à partir de 500 m d’altitude en avril, jusqu’à 3000 m en juillet. 


Les Chroniques botaniques sont toujours en vente. 

Avec ses 230 pages et plus de 700 photos vous retrouverez toutes les chroniques. Il est disponible à la Société botanique de Genève pour seulement 20.-CHF (frais d'envoi en sus) https://socbotge.ch/. Il suffit d'écrire à  secretaire@socbotge.ch. Présent également dans quelques librairies à Genève (Vent des Routes, Kiosque du Boulevard) et ailleurs.




Et n’oubliez surtout pas de partir vous-même découvrir les mille facettes de notre très belle biodiversité végétale, de vous laisser surprendre et de vous émerveiller.

A bientôt !



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